L’initiative bénéficiera à 20 millions de petits agriculteurs africains qui recevront des semences et auront un meilleur accès aux engrais pour produire rapidement 38 millions de tonnes de denrées alimentaires.
Le Conseil d’administration du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD) a approuvé une facilité de 1,5 milliards de dollars pour aider les pays africains à prévenir une crise alimentaire imminente.
Dans une déclaration publiée vendredi, la Banque indiquait qu’en raison de la perturbation des approvisionnements résultant de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, l’Afrique était désormais confrontée à une pénurie d’au moins 30 millions de tonnes de denrées alimentaires, en particulier de blé, de maïs et de soja importés de ces deux pays.
Le communiqué indique que « la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence de 1,5 milliard de dollars de la Banque africaine de développement est une initiative globale sans précédent, visant à aider les petits exploitants agricoles à combler le déficit alimentaire ».
Selon le communiqué, les agriculteurs africains ont un besoin urgent de semences et d’intrants de haute qualité avant le début de la saison agricole en mai, afin d’accroître immédiatement les approvisionnements alimentaires.
La Facilité africaine de production alimentaire d’urgence fournira des semences certifiées à 20 millions de petits exploitants agricoles africains. Elle élargira l’accès aux engrais et leur permettra de produire rapidement 38 millions de tonnes de denrées alimentaires. Cela représente une augmentation de 12 milliards de dollars de la production alimentaire en seulement deux ans.
Dr Akinwumi Adesina, président du Groupe de la Banque africaine de développement, a déclaré : « L’aide alimentaire ne peut pas nourrir l’Afrique. L’Afrique n’a pas besoin de demander l’aumône. L’Afrique a besoin de semences agricoles et de moissonneuses mécaniques pour récolter les denrées alimentaires produites en abondance localement. L’Afrique se nourrira par elle-même avec fierté, car il n’y a aucune dignité à mendier de la nourriture. »
Pour le lancement de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, des consultations ont été tenues avec les parties prenantes, notamment avec les producteurs d’engrais et séparément avec les ministres africains de l’Agriculture et des Finances plus tôt ce mois-ci.
Dr Adesina a expliqué que les ministres sont convenus de mettre en œuvre des réformes pour s’attaquer aux obstacles systémiques qui empêchent les marchés d’intrants modernes de fonctionner efficacement.
Le prix du blé a grimpé de plus de 45 % en Afrique depuis le début de la guerre en Ukraine.
Selon le Président de la BAD, « les prix des engrais ont augmenté de 300 %, et le continent est confronté à une pénurie d’engrais de 2 millions de tonnes. De nombreux pays africains ont déjà enregistré une hausse des prix du pain et d’autres produits alimentaires. Si ce déficit n’est pas comblé, la production alimentaire en Afrique chutera d’au moins 20 % et le continent pourrait perdre plus de 11 milliards de dollars en valeur de production alimentaire ».
Possibilités
La stratégie dotée de 1,5 milliard de dollars de la Banque africaine de développement permettra de produire 11 millions de tonnes de blé, 18 millions de tonnes de maïs, 6 millions de tonnes de riz et 2,5 millions de tonnes de soja.
La Facilité africaine de production alimentaire d’urgence fournira à 20 millions d’agriculteurs des semences certifiées, des engrais et des services de vulgarisation. Elle soutiendra également la croissance du marché et la gestion post-récolte.
Le Conseil d’administration a indiqué que « la Banque africaine de développement fournira des engrais aux petits exploitants agricoles de toute l’Afrique au cours des quatre prochaines campagnes agricoles, en usant de son influence auprès des grands fabricants d’engrais, de garanties de prêt et d’autres instruments financiers ».
La facilité créera également une plateforme pour plaider en faveur de réformes politiques essentielles afin de résoudre les problèmes structurels qui empêchent les agriculteurs de recevoir des intrants modernes.
Cela inclut le renforcement des institutions nationales chargées de superviser les marchés des intrants.
La facilité dispose d’une structure de collaboration avec les partenaires multilatéraux au développement. Cela permettra un alignement et une mise en œuvre rapides, une portée accrue et un réel impact. Elle augmentera la préparation et la réactivité techniques. En outre, elle comprend des mesures à court, moyen et long terme pour répondre à la fois à l’urgence de la crise alimentaire et à la durabilité et à la résilience à long terme des systèmes alimentaires africains.
Mme Beth Dunford, vice-présidente de la Banque africaine de développement chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social, a déclaré : « La Facilité africaine de production alimentaire d’urgence s’appuie sur les enseignements tirés du programme Riposte de la stratégie “Nourrir l’Afrique” face à l’impact de la Covid-19 de la Banque africaine de développement. Ce programme a fourni une feuille de route stratégique pour soutenir le secteur agricole africain et préserver la sécurité alimentaire contre l’impact de la pandémie. »
Au cours des trois dernières années, l’initiative Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine de la Banque a fourni des variétés de blé résistantes à la chaleur à 1,8 million d’agriculteurs dans sept pays, augmentant ainsi la production de blé de 2,7 millions de tonnes, pour une valeur de 840 millions de dollars.
Plan de viabilité à long terme
Selon le communiqué, une phase de montée en puissance de cinq ans suivra la mise en place de la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, qui durera deux ans. Elle s’appuiera sur les acquis précédents et renforcera l’autosuffisance en blé, maïs et autres cultures de base, tout en élargissant l’accès aux engrais agricoles.
La phase quinquennale permettra de fournir des semences et des intrants à 40 millions d’agriculteurs dans le cadre du programme « Technologies pour la transformation de l’agriculture africaine ».
En avril, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a nommé Dr Adesina au sein d’un comité de pilotage restreint du Groupe de réponse à la crise mondiale.
La sous-commission des crédits du Sénat américain chargée de l’État et des opérations étrangères a récemment convié Dr Adesina à faire une présentation sur la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence.
Selon le communiqué, « l’Alliance mondiale pour la sécurité alimentaire, pilotée par le gouvernement allemand, constitue une excellente tribune pour la Facilité africaine de production alimentaire d’urgence, qui s’inscrit dans le cadre d’un effort coordonné et collectif des partenaires au développement et des pays pour accélérer la production alimentaire à court terme tout en restant concentrée sur les actions à moyen et long terme pour renforcer la résilience. »
Le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles de l’Afrique australe (CCARDESA) a, grâce au soutien financier du Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ), fait don de matériel de visioconférence dernier cri, flambant neuf, au Royaume du Lesotho.
Dr Lefulesele Lebesa, Directeur du Département de la recherche agricole a, au nom du ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire (DAR), reçu ces dons dont du matériel de visioconférence Max Hub 3 (écran 65 pouces) et cinq tablettes Samsung Galaxy. Les tablettes ont été remises aux agents de vulgarisation en présence des Directeurs de la recherche et de la vulgarisation.
Durant la cérémonie de remise, Dr Lebesa a remercié le CCARDESA pour les précieux cadeaux et indiqué que les tablettes avaient pour but d’aider le ministère à rassembler des informations sur la recherche et la vulgarisation et autres domaines connexes dans les divers districts du Lesotho. Ces informations seront partagées avec le reste de la région SADC à travers les sites Web du DAR et du CCARDESA.
Le Directeur a demandé aux agents de vulgarisation d’utiliser et de prendre soin des tablettes pour servir les intérêts du ministère. Il les a également mis en garde contre « l’appropriation » de ces tablettes car on s’attend à ce qu’ils les rendent en cas de transfert et/ou de démission de la fonction publique.
Dr Lebesa a exprimé sa gratitude et félicité le CCARDESA et le Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit GmbH (GIZ) d’avoir reconnu les difficultés engendrées par la pandémie de COVID 19 en matière de communication directe avec les principales parties prenantes du monde entier d’où la décision de donner gracieusement le matériel de visioconférence Max Hub au Royaume montagneux pour lui permettre de continuer à mobiliser ses parties prenantes même pendant le confinement.
Le matériel de visioconférence Max Hub est installé dans la salle de conférence de la station de recherche principale à Maseru au Lesotho.
L’auteure est Spécialiste principale de la recherche au ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire. Elle est également Point focal de l’ICKM du CCARDESA au Lesotho.
L’équipe de coordination technique du Programme relatif à la création de Parcs agricoles africains communs (ECT du PAAC) a organisé, du 25 au 29 avril 2022, son atelier de planification 2022 à Nairobi au Kenya. L’atelier a réuni des membres de l’ECT du PAAC venus de la Commission de l’Union africaine, de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA), du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA), de l’Organisation panafricaine des agriculteurs (PAFO) et de la Chambre faîtière panafricaine d’agribusiness (PAAAC). L’atelier visait à évaluer les progrès accomplis dans l’application des décisions du comité technique spécialisé et du comité directeur du PAAC, à affiner la feuille de route pour la coordination des PAAC, à examiner les nouveaux enjeux et à déterminer les produits livrables pour 2022 et le plan de mobilisation de ressources.
Dr Janet Edeme, Présidente de l’ECT du PAAC et Chef de la division du développement rural à la Commission de l’Union africaine a ouvert l’atelier. Elle a souhaité la bienvenue aux participants puis donné des renseignements sommaires sur le Programme relatif à la création de Parcs agricoles africains communs (PAAC). Selon elle, « le programme PAAC est l’une des mesures concrètes du Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (PDDAA) qui doivent être mises en œuvre dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine en vue de la réalisation des engagements de la Déclaration de Malabo sur le PDDAA et des objectifs de la ZLECA, notamment celui consistant à tripler la valeur du commerce intra-africain de produits et des services agricoles ».
L’atelier a principalement porté sur la préparation de la troisième réunion du comité directeur du PAAC et de la réunion de mobilisation des dirigeants entre la Commission de l’Union africaine et l’ONUDI sur les PAAC. Par ailleurs, la feuille de route du comité de coordination technique du PAAC et le plan de mobilisation des dirigeants ont été révisés. Les discussions ont également porté sur les activités de mobilisation de ressources et la création d’un groupe de travail chargé d’élaborer les critères auxquels les États membres doivent se référer pour accueillir un projet de démonstration pilote.
Les principaux résultats de la réunion seront présentés lors de la troisième réunion du comité directeur du PAAC qui sera présidée par S.E. l’Ambassadrice Josefa Sacko, Commissaire à l’agriculture, au développement rural, à l’économie bleue et à l’environnement durable de la Commission de l’Union africaine. Le Commissaire au développement économique, au commerce, à l’industrie et aux mines (ETIM), le Secrétaire général de la ZLECA, le Directeur exécutif du FARA et le Président d’Afreximbank sont également membres du comité directeur du PAAC. La troisième réunion du comité directeur du PAAC est fixée à la mi-juin au Caire, en Egypte.
Pour de plus amples renseignements, prière de prendre contact avec :
Dr Janet Edeme, Chef de la Division du développement rural, Département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable, Commission de l’Union africaine – E-mail : [email protected] Addis Abeba, Ethiopie
Mukulia Kennedy Ayason, Spécialiste des politiques, Division du développement rural, Département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et de l’environnement durable, Commission de l’Union africaine – E-mail : [email protected] Addis Abeba, Ethiopie
Personne-ressource pour les médias : –
Mme Peace Lydia Mutuwa, Département de l’agriculture, du développement rural, de l’économie bleue et du développement durable, Commission de l’Union africaine ; E-mail : [email protected] Addis Abeba, Ethiopie
Molalet Tsedeke, Direction de l’information et de la communication ; Commission de l’Union africaine ; E-mail : [email protected]Addis Abeba, Ethiopie
Direction de l’information et de la communication Commission de l’Union africaine I E-mail :[email protected] Web : au.int | Addis Ababa, Ethiopia | Suivez nous sur Facebook | Twitter | Instagram | YouTube
L’Union européenne (UE) a, à travers le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), alloué un financement d’un montant de 31 millions de shillings kényans à une équipe de cinq chercheurs de l’Université d’agriculture et de technologie de Jomo Kenyatta (JKUAT).
Le projet intitulé « Mise à niveau de la chaîne de valeur du cyprinidé argenté (Rastrineobola argentea) par le biais de partenariats multi-acteurs et de nouvelles technologies et pratiques de transformation post-récolte en vue de l’amélioration des moyens d’existence en milieu rural » fait partie d’un ensemble de 11 projets sélectionnés de manière concurrentielle parmi 150 propositions soumises par des chercheurs au Kenya, en Ouganda et au Rwanda.
Mme Vesta Akosua Nunoo, responsable de la vérification de la conformité (subventions) au Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), dont le siège est à Accra (Ghana), lors d’une réunion destinée à examiner la mise en œuvre du projet, tenue à la JKUAT
Il sera mis en œuvre par une équipe multidisciplinaire composée du Pr Nelson Ojijo (Département des sciences et technologies alimentaires), du Pr Christopher Kanali, du Dr Eric Ronoh, de Gareth Kituu, Ingénieur et de Samuel Njuguna, Ingénieur (tous du Département de Génie de l’Agriculture et des Biosystèmes).
L’Université d’agriculture et de technologie de Jomo Kenyatta, en collaboration avec les autres membres du consortium (l’Institut de recherche marine et halieutique du Kenya (KEMFRI), la JKUAT Enterprises Ltd (JKUATES) et les unités de gestion des plages de Kisumu et de Busia), cherche à renforcer la valeur économique du cyprinidé argenté, également appelé Omena dans le pays, grâce à l’adoption de deux mesures : prévention des pertes après-récolte et promotion de sa consommation.
Selon Pr Ojijo, Spécialiste en technologie alimentaire et chercheur principal, l’Omena est une source importante de revenus, car c’est le poisson le plus pêché dans le lac Victoria. Toutefois, en raison de la dégradation microbienne due aux mauvaises conditions de séchage et à la température ambiante élevée, près de la moitié des poissons débarqués sur les plages sont perdus ce qui entraîne une surpêche pour compenser les pertes.
Pour trouver une solution à ce problème, le projet commercialisera deux machines. La première est un appareil de refroidissement portatif alimenté au charbon qui permettra de conserver le poisson, la seconde est une machine de séchage à énergie solaire qui facilitera le séchage rapide du poisson quel que soit le climat et empêchera ainsi la prolifération microbienne.
Pr Nelson Ojijo, Spécialiste en technologie alimentaire au JKUAT et chercheur principal du projet
Le projet sera axé sur la transformation à valeur ajoutée du poisson en divers nouveaux produits dans le but de promouvoir la consommation de la variété de poisson citée, surtout chez les jeunes ayant des besoins nutritionnels élevés.
Le projet s’attache à collaborer avec les populations locales à proximité des plages du lac Victoria en vue d’élaborer des solutions qui seront adoptées et garantir ainsi la durabilité.
À cette fin, les rôles et les responsabilités seront répartis entre les chercheurs et les non-chercheurs afin de continuer à mettre l’accent sur ces besoins. Cela se fera grâce à l’utilisation d’un mécanisme de concertation multipartite connu sous le nom de plateforme d’innovation (PI).
La plateforme d’innovation est un espace social qui implique généralement des interactions régulières en face à face et/ou virtuelles à travers lesquelles les parties prenantes se mobilisent en vue de diagnostiquer les problèmes, identifier les opportunités, trouver des solutions et des moyens d’atteindre les objectifs partagés.
La plateforme d’innovation est indispensable pour le projet en tant que base pour l’organisation des parties prenantes le long de la chaîne de valeur de l’Omena en vue de la cocréation de connaissances et l’innovation.
Le projet s’étendra sur une période de 30 mois, à compter de mars 2022. Il s’inscrit dans le cadre d’un projet régional plus vaste financé par l’Union européenne, intitulé
« Renforcement de l’écosystème des connaissances et de l’innovation agricoles pour une transformation rurale et des moyens de subsistance inclusifs en Afrique de l’Est (AIRTEA) », coordonné par un consortium de partenaires dont le FARA, l’Association pour le renforcement de la recherche agricole en Afrique de l’Est et du Centre (ASARECA) et la Fédération des agriculteurs d’Afrique de l’Est (EAFF).
La Tanzanie est sur la bonne voie pour réduire de moitié les pertes après-récolte d’ici 2025 indique un nouveau rapport. Les efforts engagés sont en grande partie complétés par la volonté politique du pays, des stratégies et des politiques ainsi que l’évolution des infrastructures de stockage du pays.
Le troisième rapport d’examen biennal de la Commission de l’Union africaine sur la mise en œuvre de la Déclaration de Malabo, publié récemment, indique que la Tanzanie fait partie des pays qui sont sur la bonne voie pour réduire les pertes après récolte. Pour éradiquer la faim dans la région, les gouvernements se sont engagés à réduire de moitié les pertes après récolte d’ici 2025.
En 2021, la Tanzanie avait réussi à réduire de 28% les pertes après récolte ce qui lui avait permis d’améliorer la disponibilité et la qualité des aliments sans exercer une pression supplémentaire sur l’environnement et l’économie dans le but de produire plus de nourriture. Les parties prenantes ont confié à The Citizen que le pays avait déployé des efforts louables pour réduire le gaspillage de nourriture dans la chaîne de valeur agricole et assurer ainsi la sécurité alimentaire.
L’un des domaines mentionnés est l’amélioration des installations de stockage. Dr Anselm Moshi, directeur général de l’Office tanzanien des céréales et autres produits (CPB en anglais) affirme que de nombreuses interventions ont été menées dans la chaîne d’approvisionnement alimentaire. Selon Dr Moshi, plusieurs études indiquent que les pertes maximales se produisent lors des opérations de stockage. Il fait observer que le CPB a pour objectif d’augmenter sa capacité de stockage et d’être en mesure de stocker environ 600 000 tonnes de céréales et autres produits d’ici 2025. Il ajoute que « disposer d’installations de stockage appropriées et de solides infrastructures techniques et de manutention peut contribuer à limiter la réduction de la quantité et de la qualité des produits agricoles ainsi que de leur valeur marchande ».
Une étude menée par l’Université d’agriculture de Sokoine (Sua en anglais) en 2012, indique que les pertes après récolte de trois principales céréales se répartissent comme suit : maïs (15,5 pour cent) ; paddy (10,7 pour cent) et sorgho (12,5 pour cent). Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), les agriculteurs tanzaniens perdent jusqu’à 40 pour cent de leurs récoltes annuelles en raison des pertes après récolte.
Milton Lupa, Directeur général de l’Agence nationale des réserves alimentaires (NFRA) estime que réduire au minimum les pertes de céréales dans la chaîne d’approvisionnement pourrait être l’une des manières les plus efficaces de renforcer la sécurité alimentaire et mettre en place des mesures durables pour lutter contre la faim.
Selon M. Lupa, en raison de l’importance des pertes durant le stockage, le gouvernement a, à travers la NFRA, investi énormément dans la mise en place de grandes installations de stockage équipées dans l’ensemble du pays. « Nous avons actuellement la capacité de stocker 251 000 tonnes de nourriture mais l’objectif est d’être en mesure de stocker 500 000 tonnes de produits agricoles » a-t-il ajouté. Selon M. Lupa, l’agence a construit de nouvelles installations de stockage à Babati, Sumbawanga et Mpanda. D’ici juillet, le pays aura augmenté la capacité de stockage de 90 000 tonnes a affirmé M. Lupa. Selon le chef de la NFRA, le pays aura une capacité de stockage maximale au bout d’un an lorsque toutes les installations de stockage auront été construites.
La Tanzanie s’est dotée d’une stratégie nationale de gestion après récolte (NPHMS) 2019-2029 qui vise à faciliter et à renforcer les capacités afin de réduire les pertes après récolte et augmenter les revenus des agriculteurs ainsi que la valeur nutritionnelle des aliments.
La stratégie décennale est axée sur les cultures vivrières, notamment les céréales, les légumineuses, les fruits et les légumes ainsi que les plantes oléagineuses. Selon le ministère de l’Agriculture, l’objectif de la stratégie consiste à proposer d’importantes mesures qui permettront de réduire les pertes après récolte et éventuellement de compenser le déficit alimentaire. Selon cette stratégie, la gestion après récolte dans le pays dépendra en grande partie de l’appui financier du gouvernement, du secteur privé, de la communauté internationale ainsi que des contributions individuelles. Toutefois, selon le document « une approche intégrée est indispensable pour s’assurer que les fonds nécessaires pour relever les défis de la gestion après récolte sont utilisés pour réaliser les objectifs présentés dans la stratégie ».
Par ailleurs, le document propose que les ressources mobilisées pour le financement du NPHMS auprès de différents partenaires au développement, appuyant les opérations après-récolte, soient gérées par le biais d’un arrangement spécial (équivalent à celui du plan de développement du secteur agricole (PDSA)) en vue de concentrer les efforts. « Le document de stratégie souligne que « le cas échéant, le mécanisme de financement nécessitera la signature d’un Protocole d’accord qui précise les modalités opérationnelles du fonds commun (en utilisant un système gouvernemental pour le décaissement et la passation de marché) entre le gouvernement tanzanien et les partenaires au développement ».
Selon M. Audax Rukonge, Directeur exécutif du Forum des acteurs agricoles non- étatiques (Ansaf), rares sont les pays qui ont mis en œuvre une telle stratégie ce qui indique que le gouvernement tanzanien est prêt à agir et à aider les agriculteurs. « Nous avons cependant encore un long chemin à parcourir pour construire les infrastructures nécessaires bien que nous ayons mis en place des programmes et des systèmes pour les appuyer. » a-t-il ajouté. Il a cité certaines des infrastructures comme étant les industries de transformation qui permettront de valoriser les produits agricoles et de leur donner une nouvelle qualité préférée pour le marché domestique et les exportations.
Au nombre des politiques publiques de réduction des pertes après récolte figurent la Politique agricole nationale de 2013 et la Politique de commercialisation des produits agricoles de 2008. Ces politiques soulignent la nécessité de relever le défi des pertes après récolte pour assurer la sécurité alimentaire.
Pour concrétiser ces politiques, le pays a mis en place un certain nombre d’actions dont le Kilimo Kwanza, le Resolve, le Plan d’investissement de la Tanzanie dans l’agriculture et la sécurité alimentaire (TAFSIP) et le Couloir de croissance agricole du sud de la Tanzanie (Sagcot). Ces actions ont été introduites séparément pour compléter une mise en œuvre rapide du PDSA.
Dans la stratégie décennale de gestion d’après-récolte, le gouvernement a mis en lumière un certain nombre de défis qui continuent de saper les efforts pour faire face à la question de pertes après récolte en Tanzanie. Parmi ces défis figurent des services après récolte inadéquats, l’insuffisance des infrastructures de commercialisation des produits agricoles et l’absence de technologies adaptées
Bien que les politiques actuelles reconnaissent l’importance des pertes après récolte, le ministère a admis que les stratégies agricoles n’avaient pas accordé l’attention nécessaire à la question des pertes après récolte dans les efforts visant à accroître la sécurité alimentaire et de revenu. En outre, les parties prenantes, dont les agriculteurs, sont mal informées des pertes après récolte et des coûts pour l’économie et l’environnement.
Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et le Fonds d’affectation spéciale pour l’enseignement supérieur (TETFund) du Nigeria organisent, en collaboration avec l’Université fédérale de Viçosa (UFV) au Brésil, le premier Symposium du Programme de bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique (ARIFA) en vue de consolider la Plateforme de Partenariat de l’ARIFA (APP). À l’invitation du Pr Demetrius David da Silva, recteur de l’UFV, le symposium de tiendra du 25 au 30 avril 2022 à Viçosa.
La réunion sera déclarée ouverte par Son Excellence Professeur Mohammad Ahmad Makarfi, Ambassadeur du Nigeria au Brésil, qui sera accueilli par l’Architecte Sunday S.T. Echono (FNIA), Secrétaire exécutif du TETFund et Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du FARA.
Le professeur Márcio Venício Barbosa, Président de l’Association brésilienne pour l’éducation internationale (FAUBAI), et Dr George Forpoh, sous-ministre chargé du développement régional, de la recherche et de la vulgarisation au ministère de l’Agriculture du Liberia devraient également participer à cette réunion.
Au nombre des participants attendus au symposium figurent plus de quarante boursiers du programme ARIFA qui étudient actuellement dans six universités brésiliennes, des responsables des institutions participantes au Nigéria et au Brésil et des représentants du Libéria, du Ghana et de la République démocratique du Congo.
Le thème du symposium est : « Stratégie de perfectionnement pédagogique du système de recherche et d’innovation dans le domaine agricole en Afrique : les leçons apprises au Brésil ». Le colloque vise à renforcer la coordination entre les partenaires actuels du programme ARIFA que sont le FARA, l’UFV et le TETFund.
Le symposium, qui se tiendra au même moment que la conférence de l’Association brésilienne pour l’éducation internationale (FAUBI), débouchera sur l’élaboration d’une plateforme plus solide dédiée aux partenariats de l’ARIFA (APP) et la participation d’un plus grand nombre d’universités brésiliennes. Les résultats de la réunion permettront de renforcer les capacités institutionnelles des Centres d’excellence du TETFund (TCoE) et de créer des plateformes d’innovation et une stratégie de mise à l’échelle pour un modèle panafricain de l’ARIFA, en partenariat avec d’autres Fonds d’affectation spéciale pour l’éducation y compris au Ghana, en Afrique du Sud et au Liberia.
À propos de l’ARIFA
Le Programme de Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique(ARIFA) vise à former une nouvelle génération de travailleurs aptes à réformer le secteur de l’agroalimentaire africain en vue de constituer le facteur de changement nécessaire pour une transformation rapide de l’agriculture au cours de la prochaine décennie. Le modèle de bourse nigérian est financé par le Fonds d’affectation spéciale pour l’enseignement supérieur (TETFund) dans le but de renforcer la compétence stratégique pour modifier le discours concernant la diminution des capacités des établissements d’enseignement supérieur du pays. Dans le cadre de ce partenariat, le TETFund aide des universitaires nigérians à suivre une formation à l’UFV dans le cadre de programmes de maîtrise sur mesure dans divers domaines scientifiques liés à l’agriculture.
À propos du FARA
Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) est une organisation continentale chargée par la Commission de l’Union africaine (CUA) et l’Agence de développement de l’Union africaine (ADUA) de faciliter l’application généralisée de la science et de l’innovation en vue de la réalisation des objectifs du PDDAA. Le FARA encourage la création de partenariats novateurs, le renforcement des capacités, la gestion des connaissances et le plaidoyer politique. Le Secrétariat du FARA, qui sert d’organe technique de l’ADUA, est basé à Accra au Ghana.
À propos du TETFUND
Le TETFUND est un programme mis en place par le gouvernement nigérian en 2011 dans le but de gérer, superviser et décaisser les revenus provenant de la taxe scolaire aux établissements d’enseignement supérieur publics au Nigéria. Son principal objectif est de transformer les établissements publics d’enseignement supérieur par le financement et une gestion efficace des projets.
À propos de l’UFV
L’Université fédérale de Viçosa (UFV) est une des plus anciennes universités fédérales brésiliennes. Son campus principal est situé dans la ville de Viçosa, dans l’État de Minas Gerais. Elle a été fondée en 1922 en tant qu’École supérieure d’agriculture et de médecine vétérinaire sur ce qui allait devenir le campus Arthur Bernardes. Elle est ensuite devenue l’Université rurale de Minas Gerais avant sa fédéralisation complète en 1969. L’UFV qui est considérée comme l’une des universités les plus prestigieuses du Brésil propose 47 différents programmes d’enseignement de premier cycle dans de nombreux domaines dont l’ingénierie, l’agronomie, la médecine, la médecine vétérinaire, l’élevage et d’autres domaines scientifiques. Les programmes du deuxième cycle de l’enseignement supérieur de l’UFV sont jugés excellents par le Coordenadoria de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior (Coordination pour le perfectionnement du personnel de l’enseignement supérieur (CAPES)). Selon le classement QS, l’UFV figure parmi les 100 meilleures universités au monde dans les domaines de l’agriculture et de la sylviculture.
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