Le Projet YIISFWA et Le FARA Collaborent en vue d’accroître La Production D’igname pour Améliorer les Revenue et les Conditions de vie

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) et le projet d’Amélioration de l’igname pour soutenir les revenus et assurer la sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest (YIIFSWA) collaborent en vue de relever les défis qui ont une incidence sur la production d’igname dans la sous-région et aider à améliorer les revenus et les conditions de vie des acteurs de la chaîne de valeur.

L’Afrique de l’Ouest est le premier producteur mondial d’igname. Le Nigeria en est le principal producteur et le Ghana est reconnu comme étant le plus gros exportateur mondial de cet aliment de base. Des progrès notables ont été enregistrés au cours de la phase initiale du projet YIIFSWA pour ce qui est de développer des variétés de semences d’igname et de mettre au point des techniques de production, notamment la culture tissulaire, la technique Minisett (produire des semenceaux en utilisant des fragments d’igname) la technologie pour la vigne, les systèmes aéroponiques et hydroponiques.

Le projet YIISFWA, qui est actuellement mis en œuvre au Ghana et au Nigeria, est coordonné par l’IITA et est financé par la Fondation Bill et Melinda Gates.

Des discussions sur la manière de mettre à l’échelle les résultats du projet en vue d’améliorer les conditions de vie dans l’ensemble de la chaîne de valeur de l’igname se sont tenues. Le point de départ d’une collaboration entre le FARA et le projet YIISFWA a notamment été examiné. Les parties ont convenu d’adopter la trajectoire de l’innovation à l’impact du FARA pour diffuser les résultats du projet.  On peut également mentionner les compétences du FARA dans les domaines des plateformes d’innovation, du renforcement des capacités, des politiques et de la gestion des connaissances.

L’avenir des emplois et la révolution numérique : pleins feux sur le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles

Au cours des 30 prochaines années, la population active africaine augmentera de 800 millions et la population totale du continent devrait atteindre 2,5 milliards en 2050.  Toutefois, au cours des vingt premières années, la majorité de la population africaine restera rurale en dépit de l’urbanisation rapide de nombreux pays. Cette évolution démographique montre qu’il est nécessaire de se préparer pour les changements que subit le marché du travail : les anciens métiers sont remplacés par de nouvelles professions en raison de l’automatisation du secteur manufacturier.

Toutefois, ces pertes d’emploi ne devraient pas se produire en Afrique malgré l’accroissement et la jeunesse de sa population. Selon un rapport publié par la Banque mondiale,  l’automatisation liée à la révolution numérique pourrait transformer la nature du travail. En outre, cette révolution donnera lieu à des perturbations qui pourraient avoir un impact positif sur les secteurs économiques dont l’agriculture en Afrique.

Le rapport identifie spécifiquement les faibles niveaux d’adoption des technologies, la faiblesse du secteur manufacturier ainsi que la faible demande de divers produits comme vecteurs d’une transformation structurelle qui permettrait en fait de créer des emplois plutôt que d’en détruire. La révolution numérique devrait notamment permettre de réduire les coûts d’adoption des technologies ce qui stimulerait la croissance des entreprises, créerait des emplois pour tous et rendrait les produits plus abordables. En outre, le secteur informel emploie la grande majorité des travailleurs en raison du faible niveau d’éducation en Afrique. Par conséquent, les technologies conçues pour satisfaire les besoins de production pourraient aider les Africains à apprendre davantage et gagner plus.

Toutefois, le problème réside dans le fait que la production a lieu en Afrique. Dans le paysage de la recherche agricole pour le développement (AR4D), cela exigerait de renforcer les systèmes de chaînes de valeur agricole en mettant en place des infrastructures technologiques et du savoir qui contribuent à mettre les technologies et les produits de la connaissance à la disposition des utilisateurs finaux.

En raison de la faiblesse du secteur manufacturier en Afrique, la dichotomie entre ce que l’on appelle les anciennes et nouvelles filières laisse un énorme fossé, ce qui pourrait servir de catalyseur aux innovations et stimuler la croissance agricole.  Pour combler ces lacunes, il est nécessaire de développer les compétences requises.

À cet égard, le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles, élaboré par le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA),  constitue un outil stratégique pour tirer profit de la révolution numérique en appuyant la formulation et la mise en œuvre des politiques appropriées pour soutenir ce que l’on appelle les « trois C » de l’Afrique : concurrence, capitaux et capacités qui sont au cœur du Cadre des compétences disponibles au sein  des chaînes de valeur agricoles.

Il nous faut, en tout premier lieu, contribuer à un renforcement des Centres d’excellence africains dans le domaine de la prospective, de la science, de la technologie et de l’innovation (STI) ainsi que de l’entreprenariat agricole lié à des chaînes de valeur spécifiques pour améliorer la formation du capital humain. Par ailleurs, le Cadre des compétences disponibles au sein des chaînes de valeur agricoles contribuera à assurer une distribution équitable des moyens de subsistance en vue de garantir la protection sociale des couches vulnérables de la main d’œuvre agricole.

 

Abdulrazak Ibrahim (PhD)

Le FARA-PARI Crée des Possibilités D’investissement Pour L’emploi des Jeunes en Afrique

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) collabore avec ses partenaires dans le cadre du Programme d’appui à la recherche pour l’innovation agricole (PARI), qui relève de l’initiative « Un monde sans faim » (SEWOH) du gouvernement allemand, pour créer des possibilités d’investissement dans la transformation agricole et dans les filières commerciales pour les jeunes en Afrique

Le FARA assure la co-direction de l’étude dans le cadre des pôles d’investissement du PARI. L’étude vise à identifier des possibilités d’investissement en vue de créer des emplois en mettant l’accent sur la transformation des produits agricoles /cultures prioritaires de certains pays. En se fondant sur les données disponibles et prévisionnelles, l’étude proposera des mécanismes pour établir des liens entre les marchés urbains et ruraux en vue de stimuler la production et le développement rural en Afrique.

Dr Paul Boadu, Chargé de recherche (systèmes d’innovation) au FARA, dirige l’étude qui est menée dans sept pays d’Afrique : le Ghana, le Nigeria, le Bénin, le Burkina Faso, l’Ethiopie, la Tunisie et le Togo.

L’État d’Abia va adopter l’Agenda scientifique et soutenir 150 jeunes dans le cadre du programme ARIFA

G-D: Dr. Yemi Akinbamijo; Executive Director, FARA, Dr. Okezie Ikpeazu; Executive Governor, Abia State, Mr. Endi Ezengwa; Coordinator, Education for Employment

L’État d’Abia s’est engagé à adopter l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique (S3A) du FARA dans le cadre du Programme d’autonomisation globale en vue de l’amélioration des moyens d’existence (HELP), un modèle holistique fondé sur un partenariat mondial avec pour objectif d’améliorer les conditions de vie en s’appuyant sur la coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST).  C’est ce qu’a indiqué le Dr. Okezie Ikpeazu, Gouverneur de l’État d’Abia le 24 septembre 2019 lorsque le Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du FARA a effectué une visite officielle à Umuahia, capitale de l’État d’Abia.

Le FARA a au cours de la réunion proposé les services de son réseau d’experts pour appuyer les efforts déployés par l’État en vue de transformer et de diversifier son économie en utilisant la trajectoire de l’innovation à l’impact et en tirant parti du potentiel entrepreneurial de l’État. Un document de stratégie élaboré par le FARA et intitulé « Abia Agripreneurs » (les entrepreneurs agricoles d’Abia), dans lequel la priorité est accordée à des produits stratégiques (manioc, ugwu (Telfairia occidentalis, courge cannelée), tomate, banane plantain et volaille) dans le cadre de l’élaboration d’un plan d’action aligné sur le programme HELP, a été remis au Dr Ikpeazu. Ce dernier a remercié le FARA et s’est engagé à fournir l’appui nécessaire à la mise en œuvre du plan. La stratégie devrait permettre d’introduire le projet dénommé New Cassava for Economic Development in Abia State (NCEDA) et d’appuyer, dans le cadre de ARIFA, un programme du FARA destiné à renforcer les capacités, la formation d’au moins 150 jeunes de l’État d’Abia au cours des trois prochaines années.

M. Endi Ezengwa, Coordinateur de l’initiative Education for Employment (E4E, éducation pour l’emploi) a remercié le FARA et s’est réjoui de la possibilité d’établir un partenariat avec ce dernier. Il a précisé que l’État accueillait le plus grand marché du bétail au Nigeria. Le partenariat est également l’un des moyens par lequel les principales activités en matière de recherche agricole pour le développement (AR4D), telles que présentées dans le document, pourraient être mises en œuvre.

L’interdiction totale de l’utilisation des devises pour l’importation de produits alimentaires au Nigeria sera-t-elle de bon augure pour le bien-être du pays ?

Le gouvernement du Président Buhari a demandé à la Banque centrale de ne plus accorder des devises étrangères pour les importations de produits alimentaires au Nigeria. Cette demande semble être une approche plutôt radicale du développement agricole. C’est une question susceptible d’influer sur les différentes variables sociales, culturelles et économiques aux niveaux macro et micro-économiques.

Cette interdiction séduira l’homme de la rue enthousiasmé par la croissance de la production agricole en partant de l’hypothèse qu’une telle décision permettra de créer un marché pour les aliments produits localement et d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs.  Cela vaudra pour les denrées, comme le manioc, produites localement en grandes quantités et qui inondent le marché à certaines périodes de l’année. Cette interdiction permettra également d’ouvrir le marché local des denrées telles que le blé dont l’importation entraine une saignée de devises importantes simplement en raison du manque de compétitivité de la production locale en termes de prix et de qualité.

La première réaction du marché alimentaire pourrait consister à augmenter les prix suite à une pénurie structurelle. Une telle pénurie sera de courte durée étant donné qu’elle déclenchera une réponse des nouveaux arrivants en agriculture. Elle pourrait couvrir deux à trois campagnes agricoles. La réponse classique des grandes économies comme celles du Nigeria est un changement de régime alimentaire et la recherche d’autres sources de nourriture relativement abondante. J’entrevois un marché plus grand pour des produits de base tels que le sorgho et le millet, la patate douce, le riz de Hongrie, le taro, etc. Le secteur de l’élevage subira certainement un choc majeur étant donné que l’on observera à court terme une pénurie des principales matières premières entrant dans l’alimentation animale (maïs et soya) ce qui fera monter le prix des produits à base de volaille. La réponse naturelle sera une augmentation de la production de ces matières premières au niveau local pour faire face à la pénurie.

L’avenir de cette politique s’annonce prometteur. Toutefois, la réponse de la société civile est souvent une variable imprévisible. La réaction sera probablement une crise sociale en raison des conséquences à court terme.  À ce stade, l’insistance que mettront les décideurs à apporter le changement déterminera le succès de cette politique drastique. Une bonne préparation est donc de rigueur avant sa mise en œuvre. Une première action consistera à s’assurer que la réserve stratégique de céréales est à son niveau optimal. Il convient de réaménager les greniers à céréales pour une mise sur le marché des céréales par le gouvernement en vue de faire baisser les prix des céréales qui devraient s’envoler suivant la loi de l’offre et de la demande. Il convient également de bien financer le système de réserves pour acheter les céréales à un prix compétitif auprès des agriculteurs. Il faudrait cependant penser à garantir des prix de produits agricoles à la portée de tous.  Une seconde action qui devrait précéder la mise en œuvre de cette politique est la mise en place d’un marché des intrants transparent dans le cadre d’une agriculture commerciale. Il y a lieu de prévoir des engrais, des produits agrochimiques et des petites machines à des prix abordables. Les efforts du gouvernement devraient viser à créer des exploitations agricoles. La création de telles exploitations doit être stimulée par le secteur privé et contrôlée par le secteur public. L’attribution de terres ne doit en aucun cas être politisée. Une approche de chaîne de valeur, intelligente et holistique devrait être utilisée. Des mesures incitatives doivent être mises en place en vue de la création par les populations d’industries de transformation des produits agricoles. Il est indispensable d’adopter une approche prudente qui permette de s’assurer que des valeurs réelles sont générées et préservées dans le pays.

Au niveau international, il est nécessaire de disposer d’un mécanisme permettant d’empêcher l’apparition de déséquilibres du commerce des denrées alimentaires qui exposent les pays au risque d’une grave insécurité alimentaire. Quelles seront les conséquences d’un arrêt soudain des importations de blé de l’Occident sur sa propension à acheter le pétrole nigérian ? Il convient de se préparer adéquatement à ce choc.

Tout changement extérieur déclenchera certainement la création d’un nouvel équilibre.  J’adresse mes meilleurs vœux au Nigeria dans sa volonté à prendre le taureau par les cornes en vue d’atteindre la souveraineté alimentaire.

Article d’opinion de Wole Fatunbi (PhD)

Forum pour la recherche agricole en Afrique

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LE CCARDESA SE DOTE D’UN NOUVEAU CONSEIL D’ADMINISTRATION

Un nouveau Conseil d’administration a été constitué pour le Centre de coordination de la recherche et du développement agricoles de l’Afrique australe (CCARDESA) dans le cadre du processus de restructuration de sa gouvernance.

Le CCARDESA a été créé par les États membres du SADC pour coordonner la mise en œuvre de la recherche-développement (R&D) agricole dans l’espace SADC. En tant qu’organisation placée sous l’égide du FARA, il s’est fixé pour objectif de réduire la sécurité alimentaire et la pauvreté dans la région tel qu’énoncé dans le Plan stratégique indicatif de développement régional (RISDP), la Déclaration de Dar es Salaam sur la sécurité alimentaire et le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture africaine (CAADP) élaboré par le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique de l’Union africaine (UA-NEPAD). Il fonctionne dans le cadre du Pilier IV du PDDAA qui a pour objectif d’améliorer les moyens d’existence des agriculteurs et éleveurs africains.

Le CCARDESA, en tant que sous-organisation régionale constitutive du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), a pu compter sur l’appui continu de ce dernier dans le domaine de la gouvernance institutionnelle. Le FARA a récemment contribué à la restructuration du Conseil d’administration du CCARDESA qui se trouve actuellement dans une phase de transition.

L’ancien Conseil cède la place au nouveau Conseil

Le Conseil d’administration en fonction de CCARDESA est en voie d’être remplacé par un nouveau Conseil.  Au cours de cette phase de transition, environ sept membres du Conseil d’administration actuel dont la Présidente, Dr Catherine Mungoma, qui rend des services louables à l’entité d’Afrique australe depuis 2017, seront remplacés par de nouveaux membres.  Dr Castro Camadara succède à Dr Mungoma comme nouveau Président du Conseil d’administration.

Dr Camadara a commencé sa carrière en milieu universitaire et dans la recherche à l’université Agostinho Neto en Angola où pendant 14 ans il a été Professeur et Vice-recteur du Centre universitaire de Huambo. Il a également coordonné le Programme national Légumineuses du CGIAR-SADC. Il membre fondateur du premier Conseil national de recherche de l’Angola et a travaillé comme conseiller auprès du ministre de l’Agriculture pendant plus d’un an. Il est également l’un des membres fondateurs de l’ADRA (une ONG angolaise qui se consacre au développement rural et à l’environnement). Il était pendant quelque temps consultant indépendant travaillant notamment pour l’Union européenne, la Banque mondiale, des ONG internationales et le gouvernement avant de rejoindre la FAO.

Dr Castro Camadara a travaillé à la FAO pendant plus de dix-sept comme Représentant de l’organisation dans divers pays, gérant des équipes multidisciplinaires et des portefeuilles nationaux et régionaux importants couvrant l’agriculture, l’élevage, la pêche, les forêts, l’environnement et le développement rural en général.

Lorsqu’il était en poste à Addis Abeba en Ethiopie, il était coordinateur sous-régional pour l’Afrique de l’Est chargé de coordonner huit pays et représentait également la FAO à l’Union africaine et à l’UNECA. Il est de retour en Angola et fournit des services de consultation et intervient dans le secteur agroalimentaire.