Introduire des technologies et fournir des sources d’énergies alternatives aux villages en vue d’éviter l’exode rural : un défi commun pour les pays africains

L’Afrique est un continent composé de 54 pays qui font face à différentes réalités économiques et agricoles. Toutefois, la plupart de ces pays sont confrontés au même problème : comment introduire de nouvelles technologies et différentes formes de sources d’énergie respectueuses de l’environnement dans les champs agricoles. Ces technologies contribuent notamment à freiner la migration des jeunes, des zones rurales vers les zones urbaines, en quête d’emplois qui sont toutefois difficiles à trouver.

Le lien entre l’agriculture et les technologies écoénergétiques et l’exode rural était au cœur des discussions de la seconde table ronde de haut niveau tenue dans le cadre du Forum Brésil-Afrique. Les discussions portaient sur le thème « Intégration de modèles agroénergétiques innovants dans la production et la transformation des aliments ». Les intervenants à cette séance étaient le Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), Mme Ananga Messina, Vice-ministre chargé de l’Agriculture et du Développement rural de la République du Cameroun, le Dr Pedro Rodrigues de Almeida, Directeur des Affaires extérieures de Philip Morris, une entreprise spécialisée dans les produits du tabac et M. Mcebisi Skwatsha, vice-ministre de l’Agriculture de l’Afrique du Sud.

  1. Mcebisi Skwatsha a expliqué que l’âge moyen des petits exploitants en Afrique du Sud variait entre 60 et 65 ans. Lorsqu’ on leur a demandé comment ils comptaient garder leurs filles et leurs filles dans le secteur agricole, ils ont répondu qu’ils ne le feront pas. Ils veulent voir leurs enfants loin des villages. Selon M. Skwatsha, cela constitue une menace réelle pour la production alimentaire future.
  2. Skwatsha a également souligné la nécessité d’investir dans la chaîne de valeur agricole pour rendre les produits africains plus compétitifs pour le marché. Il a en outre indiqué qu’il était urgent d’investir dans d’autres sources d’énergie telles que l’énergie solaire dans le secteur agricole.

Mme Ananga Messina a abondé dans le sens de M. Skwatsha au sujet de la nécessité d’augmenter la production d’énergie et a expliqué que le Cameroun avait effectué d’importants investissements dans la production d’énergie hydroélectrique au cours des sept dernières années. Elle a souligné que les pertes de récolte et les pertes après récoltes étaient très élevées au Cameroun en raison du sous-investissement dans les technologies.

Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du FARA a souligné l’engagement pris par les pays africains d’investir 1% de leur PIB dans la recherche. Toutefois, la plupart des pays n’ont pas atteint cet objectif. Les investissements actuels dans la recherche représentent en moyenne environ 0,5% du PIB.

Dr Pedro Rodrigues, de Phillip Morris, a souligné la position du secteur privé concernant le développement agricole sur le continent africain à savoir qu’un tel développement sera déterminé par des marchés soutenus par des politiques règlementaires qui favorisent des échanges transfrontaliers. Il a cité l’exemple du Brésil où les producteurs de tabac incitent les jeunes à rester dans les zones rurales en diversifiant les emplois offerts dans les plantations au-delà du tabac.   Maintenant, ces jeunes produisent de la nourriture dans leurs petites exploitations.

 

 

À propos du Forum Brésil-Afrique de 2019

L’édition 2019 du Forum Brésil-Afrique s’est tenue du 12 au 13 novembre à São Paulo. Elle était placée sous le thème « La sécurité alimentaire : la voie de la croissance économique ». Ce forum a réuni environ 300 représentants des gouvernements, du secteur privé, des milieux universitaires et des investisseurs en vue d’échanger des expériences et d’examiner les possibilités de promouvoir le développement durable au Brésil et en Afrique.

 

Source : Brazil-Africa Forum

 

Édité par le service des communications du FARA

Le FARA et les OSR LANCENT le Programme SISTA

Dans le cadre de l’initiative DeSIRA (développement et innovation intelligente grâce à la recherche dans le domaine de l’agriculture), la Commission européenne (CE) et le  Fonds international pour le développement agricole (FIDA) soutiennent conjointement les organisations anciennement en charge du pilier IV du PDDAA (Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine) dans l’exécution d’un programme scientifique pour une agriculture intelligente face au climat dénommé « Appuyer la mise en œuvre d’une transformation agricole axée sur la science et intelligente face au climat » (SISTA).

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique  (FARA) et les organisations de recherche agricole partenaires bénéficient du programme qui cherche entre autres à contribuer à la réalisation progressive de l’objectif de développement durable (ODD) n° 2 à savoir la faim « zéro », de l’ODD n° 3 qui consiste  à  prendre   des  mesures  pour lutter  contre  les  changements  climatiques  et  leurs répercussions, de l’ODD n° 1  consacré à l’élimination de la pauvreté,  de l’ODD n° 5 qui vise à atteindre l’égalité des sexes, de l’ODD n° 8 Travail décent et croissance durable et de l’ODD n° 12 Consommation et production responsables. Le Programme contribuera en outre à la réalisation de l’Agenda 2063 et des objectifs de la Déclaration de Malabo de l’Union africaine.

Grâce à un financement de l’Union européenne, les cinq organisations (FARA, AFAAS, CORAF, ASARECA et CCARDESA) mettront en œuvre des projets individuels dans le cadre d’un programme d’ensemble dont l’objectif global est de faciliter la recherche et l’innovation agricoles y compris les services de vulgarisation dans le but de contribuer efficacement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au développement économique et à l’atténuation du changement climatique en Afrique. Pour y parvenir, il faudra renforcer les capacités et améliorer l’efficacité et le positionnement des organisations sous-régionales de recherche et de vulgarisation agricoles ainsi que des systèmes nationaux de recherche agricole, encourager la collaboration et favoriser l’échange de connaissances entre les organisations.

L’atelier de lancement du programme SISTA s’est tenu du 21 au 25 octobre 2019 à Johannesburg et a vu la participation des représentants des organisations chargées de la mise en œuvre et d’autres partenaires et collaborateurs.

 

 

Le PARI et le FARA entame des activités de recherche en vue de stimuler l’innovation dans le secteur de l’élevage

12/10/2017NAIROBI – Le Programme d’appui à la recherche pour l’innovation agricole (PARI) et le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) ont commencé une recherche-action visant à stimuler l’innovation dans la chaîne de valeur de l’élevage.

Pour assurer une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable en Afrique, l’élevage en tant que source précieuse de protéines revêt une importance capitale.  Le secteur de l’élevage représente une part non négligeable des moyens d’existence agricoles et occupe une place importante dans le système de production agricole en Afrique. L’Afrique aurait besoin d’accroître la productivité du secteur de l’élevage pour faire face à une demande alimentaire et nutritionnelle sans cesse croissante et pourtant un mouvement social, qui prône une réduction de la production animale en raison de son empreinte carbone et de son impact sur le changement climatique, émerge.

Compte tenu de ce qui précède, le PARI a mis en place un pôle de recherche sur l’élevage dans le but de procéder à une enquête intellectuelle qui permettrait de produire des informations en vue de définir l’orientation des politiques et des investissements pour une mise à l’échelle des innovations durables.  Le pôle de recherche est actuellement co-dirigé par ZEF et le FARA et la mise en œuvre est assurée par les principales organisations de recherche au Bénin (INRAB), au Mali (IER), au Kenya (KALRO) et en Ethiopie (ILRI). Le consortium AGRODEP, facilité par l’IFPRI, adhère au pôle de recherche en vue de générer une typologie des modèles d’élevage dans les différents pays.

La réunion de lancement du pôle de recherche sur l’élevage s’est tenue du 7 au 8 octobre 2019 au siège de KALRO à Nairobi. Dans son allocution d’ouverture, Dr Felister Makini, Directeur général adjoint de KALRO a souligné la nécessité de rassembler les produits du savoir en vue de stimuler le secteur de l’élevage sur le continent. Dr Wole Fatunbi, qui représentait le FARA, a réaffirmé la volonté de l’instance continentale de coordination de la recherche de s’assurer que le secteur de l’élevage est bien géré sur le continent en s’appuyant sur la recherche.  Dr Carlos Sere, ancien Directeur général de l’ILRI, expert en élevage et consultant à ZEF s’est déclaré convaincu que le pôle de recherche présentera ses premiers résultats au début de l’année 2020.

 

Examen de 100 percées radicales innovantes susceptibles de transformer durablement l’avenir et l’agriculture africaine

Les efforts déployés en vue de stimuler la croissance de l’agriculture africaine au cours de la prochaine décennie sont soutenus par des innovations, la commercialisation et l’autonomisation des jeunes, qui sont toutes tributaires des grandes tendances dans la recherche agricole pour le développement (AR4D) en Afrique. La mise en œuvre de l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique (S3A), qui accorde actuellement la priorité à la gestion après récolte et aux changements climatiques, dépendra des ressources stratégiques qui appuient le renforcement des capacités en science, technologie et innovation en vue de la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD) et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.

À cet égard, le rapport publié récemment par la Commission européenne et intitulé  100 percées radicales innovantes susceptibles de transformer durablement l’avenir constitue l’une de ces ressources. Selon cette étude prospective qui repose sur la perturbation créative, les structures existantes seront bouleversées lorsque les modifications apportées simultanément aux éléments sociaux, technologiques et économiques déboucheront sur un changement de paradigme technologique et économique.

Le rapport présente les percées et innovations potentielles au cours des deux prochaines décennies comme étant des catalyseurs ou des obstacles au passage à la durabilité.  Dans le cadre de ce qui semble être estomper la frontière entre la fiction et la réalité, l’étude met en exergue des technologies émergentes et futures susceptibles d’apporter des changements radicaux dans l’économie mondiale. Dans le secteur agricole, l’étude recense des innovations telles que  (i) l’agriculture de précision ; (ii) l’imagerie hyperspectrale pour assurer le suivi ultérieur des terres à vocation agricole  ; (iii) le jardinage d’intérieur qui combine les innovations technologiques et les nouvelles pratiques sociales ;  (iv) le jardinage communautaire qui relie les  producteurs alimentaires aux consommateurs qui se trouvent dans la même région géographique ; (v) la permaculture qui intègre la relation homme-nature ; (vi) l’intelligence en essaim  pour reproduire un comportement collectif tel que celui des abeilles dans une ruche ; (vii) la photosynthèse artificielle et la communication végétale ; (viii) les capteurs biodégradables et  (ix) les habitats sous-marins.

En tout, le rapport recense 87 technologies émergentes et 13 innovations sociales qui dépendent de facteurs tels que la santé, le bien-être et la durabilité. Le rapport, qui est publié au moment de l’entrée en vigueur de l’Accord de libre-échange continental africain, devrait orienter l’élaboration d’un cadre multidisciplinaire pour apporter un appui technique et donner des conseils aux pays membres sur les innovations et les percées décrites ci-dessus.

 

Le rapport fait également ressortir la nécessité de renforcer davantage les capacités (individuelles, institutionnelles et systémiques) en vue de réaliser les objectifs de développement durable alignés sur l’agriculture, l’accent étant mis sur le développement de compétences non techniques, des investissements ciblés dans les établissements d’enseignement supérieur, une refonte des programmes d’étude et une collaboration internationale en vue de soutenir des programmes adaptés et trouver des solutions locales qui permettront à l’Afrique de faire face aux défis du 21e siècle et au-delà.

 

Abdulrazak Ibrahim, 04/10/2019

L’AUDA-NEPAD Renouvelle son Partenariat avec le FARA

Le 20 septembre 2019, une délégation composée d’employés du FARA et conduite par son Directeur exécutif, Dr Yemi Akinbamijo a rencontré les hauts responsables de l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA)-NEPAD pour discuter du futur partenariat entre les deux organisations. Lors de ladite réunion, le FARA a cherché à déterminer le rôle qu’il lui sera attribué dans le cadre du mandat redéfini de l’AUDA qui consiste à coordonner et à exécuter des projets prioritaires de développement régional et continental afin d’accélérer la réalisation de l’Agenda 2063, une vision et un plan d’action pour l’Afrique.  L’AUDA-NEPAD a confirmé que le FARA continuera d’être son organe technique pour les questions et volets relatifs à la recherche et à l’innovation agricoles à l’échelle continentale.

L’AUDA-NEPAD et le FARA ont identifié plusieurs mesures concrètes qu’ils prendront conjointement en vue de la mise en œuvre des engagements pris par les chefs d’État et de gouvernement lors de leur Sommet tenu en 2014 à Malabo (engagements de Malabo).    Il s’agit notamment de ce qui suit : (i) intégrer l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique dans les Plans ou Programmes nationaux d’investissement agricole ; (ii) renforcer les capacités africaines en prospective et (iii) réaliser des études prospectives pour mieux planifier l’avenir de l’agriculture et des systèmes alimentaires en Afrique. Les études prospectives visent particulièrement à consolider la planification en vue de tirer parti de la science, de la technologie et de l’innovation nécessaires pour satisfaire les grandes exigences de l’avenir.

Le projet de recherche et de développement de Arewa et le FARA établissent un partenariat dans le domaine de la recherche agricole et du renforcement des capacités

Dans le cadre d’une transposition à plus grande échelle de l’Agenda scientifique, le projet de recherche et de développement de Arewa (ARDP), une plateforme de développement et cellule de réflexion au Nord du Nigeria, collaborera avec le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) dans des domaines stratégiques liés à la recherche agricole et au renforcement des capacités. Lors d’une visite de courtoisie rendue au Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du FARA, le Dr Usman Bugaje, Coordonnateur de l’ARDP, a exprimé la volonté de la cellule de réflexion de consolider les acquis du partenariat ARDP-FARA qui a débuté en 2018. L’on se rappellera que la stratégie du Programme d’autonomisation globale en vue de l’amélioration des moyens d’existence (HELP) a été lancée par le FARA, en partenariat avec l’ARDP, en août 2018 à Kaduna lors d’un atelier de renforcement des capacités parrainé par le Nigeria Incentive-Based Risk Sharing for Agricultural Lending (NIRSAL) et le gouvernement de l’État de Jigawa au Nigeria.  Le programme HELP est un modèle holistique fondé sur un partenariat mondial avec pour objectif de renforcer la formation de capital humain, le Système de connaissance et d’innovation en agriculture (AKIS) et l’entreprenariat agricole en vue d’améliorer les conditions de vie en s’appuyant sur la Coopération Sud-Sud et triangulaire (CSST).

Dans le cadre du programme HELP, l’ARDP mobilisera ses partenaires, dont des gouverneurs, des universités, des instituts de recherche et le secteur privé en vue de tirer avantage du réseau d’experts, des initiatives et des outils du FARA. L’ARDP mobilisera notamment ses principaux partenaires afin de tirer parti des possibilités de renforcement des capacités offertes par la Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique (ARIFA), une initiative du FARA qui a pour but de former au moins 5 000 Africains dans le cadre de la CSST. Le complément brésilien à l’ARIFA sera lancé le 12 novembre 2019 en marge de la 7e édition du Forum Brésil-Afrique.  Au titre de ce programme, le FARA aidera un groupe de 181 boursiers à poursuivre une maîtrise ou à suivre une formation de courte durée à l’Université fédérale de Viçosa (UVF) (UFV) au Brésil, à partir de 2020.