Le FARA annonce la tenue de la 8e édition de la Semaine africaine des sciences agricoles (SASA8) et Assemblée générale du FARA

Le Conseil d’administration et la direction du Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), souhaitent informer le public et toutes les parties prenantes que la 8e édition de la Semaine africaine des sciences agricoles (SASA8) et Assemblée générale du FARA se tiendra du 15 au 18 juin 2020 à Accra (Ghana). Le thème choisi cette année est « Prospective des systèmes agroalimentaires en Afrique : innovations, institutions, impact ».

La Semaine africaine des sciences agricoles est une tribune qui, tous les trois ans, réunit les parties prenantes de la recherche et de l’innovation dans le secteur agricole et agroalimentaire en Afrique pour échanger des informations, faire connaître de nouveaux produits, établir un réseau de contacts et façonner le programme de recherche et d’innovation pour les trois années à venir.

Le lieu et les dispositions logistiques prévus pour cette rencontre seront communiqués dans les prochains jours.

Pour plus de renseignements, veuillez prendre contact avec :

  1. Aggrey Agumya (Président du comité d’organisation du SASA8 au FARA) : [email protected]
  2. Christoph Essikpe (Spécialiste en communication au FARA) : [email protected]

 

 

Faire taire les armes par l’inclusion des femmes et des jeunes dans la recherche agricole pour le développement (AR4D)

Un article de Karen Munoko

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA) encourage l’adoption systématique des solutions scientifiques préconisées pour faire face aux défis posés par l’insécurité alimentaire en Afrique en faisant la promotion d’une mutation profonde de la société. À cet égard, il est important de remédier au chômage des jeunes qui pose un important risque de sécurité en Afrique. Malheureusement, les jeunes Africains sont les acteurs clés dans les conflits alors que chaque année le continent importe près de 50 milliards de dollars de nourriture bien qu’il compte 60% des terres arables du monde. (Michael, 2019)[1] Toutefois, le nombre croissant de jeunes en Afrique présente autant de difficultés qu’il offre de possibilités de croissance du secteur agricole ce qui nécessite de rediriger l’énergie de la jeunesse du continent [2], pour impulser la transformation économique qui s’appuie sur la recherche agricole pour le développement (RAD).

En Afrique subsaharienne, 80% des exploitations agricoles sont de petite taille et produisent différentes cultures vivrières et quelques cultures de rente sur de petites parcelles de terre. La main d’œuvre familiale est en grande partie utilisée et les femmes jouent un rôle vital. Pour assurer la rentabilité des investissements, les priorités devraient cibler l’appui aux petits agriculteurs en particulier dans les zones rurales étant donné que 60% des jeunes Africains vivent en milieu rural. (BBC, 2019)[3] La communauté de développement, l’administration publique et les partenaires du secteur privé  doivent prendre des mesures concrètes pour créer les conditions propices et adopter les bonnes politiques pour  accélérer ce processus.

Il faut non seulement revoir les politiques mais également veiller à les appliquer à tous les niveaux de la société.  Il s’agit notamment de déployer des efforts concertés pour mieux comprendre les obstacles que constituent les compétences, l’accès aux ressources, les pouvoirs de décision, les normes discriminatoires, les obligations de prise en charge, les questions de sécurité, etc. et qui souvent entravent la mise en œuvre des politiques. Les rôles et les priorités des femmes et des jeunes, qui constituent les groupes marginalisés de la société, sont importants. Ces groupes doivent par conséquent être inclus de manière significative dans la recherche. Par exemple, il faudrait proposer des options relatives à la garde d’enfants, des horaires de travail flexibles et la proximité au lieu de résidence lorsque l’on cible les (jeunes) femmes et appliquer des mesures de discrimination positive pour assurer l’intégration des femmes et des jeunes. Il est absolument vital d’investir dans le renforcement des capacités et l’entrepreneuriat agricole en vue de l’inclusion des femmes et des jeunes puisque des études ont révélé que si les femmes bénéficiaient du même accès que les hommes aux ressources agricoles, environ 150 millions personnes de moins souffriraient de la faim.

La protection sociale est également importante pour faire face aux risques économiques et sociaux. Pourtant, les femmes et les jeunes ont souvent des difficultés d’accès ou sont exclus de la protection sociale et de la sécurité sociale. Les mesures suivantes ont été proposées aux praticiens de l’AR4D : 1) encourager les autorités nationales à s’engager à améliorer et à investir dans la collecte, la diffusion et l’analyse des données relatives aux jeunes et aux femmes ventilées par âge, sexe, éducation, compétences, aptitudes, emploi, situation professionnelle, niveau de compétence et pays d’origine, 2) renforcer la capacité des autorités nationales à appliquer les données en tenant compte des spécificités liées à l’âge et en adoptant des approches axées sur l’équité pour les jeunes dans l’agriculture et le développement, 3) promouvoir les investissements dans la science, la technologie et les innovations (STI) en vue de créer les conditions favorables à la viabilité et à la durabilité des investissements en milieu rural, et 4) faciliter l’accès des jeunes hommes et femmes du continent, œuvrant  dans le domaine de la recherche agricole pour le développement, à l’éducation, à l’apprentissage, au financement et aux possibilités commerciales et d’emploi et leur donner les moyens d’aider leurs pairs.

Sur le plan pratique, la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) offre la possibilité de renforcer la participation des jeunes et des femmes aux entreprises agroalimentaires. En Afrique, les femmes représentent 70% de la main d’œuvre agricole et 10% de la main d’œuvre dans l’industrie alimentaire. Elles effectuent également 60 à 90% des activités de commercialisation en milieu rural principalement par le biais de circuits informels. Selon une analyse du projet GrowAfrica, qui célébrait en 2018 le succès des femmes en agrobusiness, la capacité des femmes à organiser et à mobiliser tout en prenant en charge leurs propres problématiques leur permet d’obtenir le soutien dont elles ont besoin pour faire croître leur volume d’affaires. Au moment où l’Afrique se prépare à faire taire les armes et à mettre fin aux conflits sur le continent, il convient de prendre des dispositions audacieuses en matière de politique et d’investissement pour améliorer la sécurité alimentaire et renforcer la masse critique de jeunes et de femmes en vue de leur permettre de participer avec succès et durablement à l’AR4D.

[1] Michael, D. I. (4 septembre 2019). African women in agribusiness (Business). Extrait de Africa News: 

[2] Fondé sur les discussions qui se tiennent dans le cadre du 33e sommet de l’Union africaine ayant pour thème « faire taire les armes »

[3] BBC. (26 mars 2019). African migration: Five things we’ve learnt (Migration africaine : cinq choses que nous avons apprises). Extrait de www.bbc.com

Lutte contre les criquets pèlerins : Renforcer les stratégies de prévoyance de l’Afrique visant à réduire les menaces biologiques

L’invasion de criquets pèlerins (Schistocerca gregaria) en Afrique de l’Est, d’une ampleur jamais vue depuis 70 ans, menace la sécurité alimentaire et la nutrition en Afrique. Dans la Corne de l’Afrique, zone la plus touchée, les criquets représentent une menace sans précédent pour la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance. Les essaims ont augmenté en Éthiopie et en Somalie, et poursuivent leur déplacement vers le sud en direction du Kenya où ils se sont répandus à travers 14 comtés du nord, du centre et du sud-ouest du pays, atteignant des zones situées à 200 km du nord-est de l’Ouganda et du sud-est du Soudan du Sud.   Des opérations de lutte terrestre et aérienne sont en cours dans les pays touchés parmi lesquels figurent l’Oman, l’Arabie Saoudite et, dans une moindre mesure, le Yémen.

En raison des changements climatiques, les criquets se multiplient rapidement et il ressort des projections que la menace va persister en raison notamment de l’introduction de nouvelles variétés de cultures. Les essaims se déplaçant dans la région, l’oviposition laisse présager le développement de bandes larvaires et l’apparition d’un plus grand nombre d’essaims dans les jours et semaines à venir. Et si aucune mesure n’est prise, le nombre de criquets pourrait être multiplié par 500 d’ici le mois de juin (Nature).

Sur un continent qui paie déjà un lourd tribut aux changements climatiques, qui se manifestent par l’expansion de la désertification et l’augmentation des situations de stress hydrique, l’invasion des criquets pèlerins exacerbera les problèmes. Cela aura de graves conséquences sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle à moyen et long terme.

L’Organisation pour la lutte contre le criquet pèlerin en Afrique de l’Est (DLCO-EA) avait en décembre 2019 signalé la présence d’essaims immatures et matures dans le nord-ouest de la Somalie et l’est de l’Ethiopie (1109N/4242E et 1147N/4242E). Toutefois, l’apparition des criquets pèlerins dans la région et au-delà, souligne la nécessité de renforcer la capacité de l’Afrique à élaborer des stratégies anticipatives pour contenir et réduire les menaces biologiques.

À cet égard, le FARA en tant que dépositaire de la recherche agricole pour le développement en Afrique préconise une plus grande harmonisation institutionnelle des principales parties prenantes en vue de tirer parti des connaissances scientifiques et technologiques pour faire face à cette menace biologique.

 

Regarder la vidéo : youtube

Lectures complémentaires

DLCO-EA

FAO

Nature

Le Commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau à la CEDEAO s’engage à appuyer le programme ARIFA

Cap vert, le 17 janvier 2020

  1. Sékou SANGARÉ, Commissaire chargé de l’agriculture, de l’environnement et des ressources en eau à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest a promis son soutien au programme de Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique (ARIFA) du FARA dont l’annonce est prévue dans le courant de l’année.

Le Directeur exécutif du FARA, Dr Yemi Akinbamijo a, en marge de la réunion du Conseil d’administration du CORAF, discuté avec le Commissaire Sangaré de l’importance du déploiement de la science en vue de propulser l’agriculture africaine qui est au cœur de l’initiative ARIFA. Il a indiqué qu’il serait difficile pour l’Afrique d’assurer sa sécurité alimentaire et nutritionnelle sans avoir recours à la science. Il a en outre expliqué la genèse de l’ARIFA qui relève du Programme d’autonomisation globale en vue de l’amélioration des moyens d’existence (HELP), une autre initiative phare du FARA.

Le Commissaire Sangaré a été très réceptif à cette initiative. Il a indiqué que le FARA pouvait compter sur son appui pour le renforcement des capacités des citoyens de l’espace CEDEAO dans le domaine de la recherche agricole et de l’innovation.

Le Dr Akinbamijo a expliqué que le FARA, dans le cadre du programme HELP, mettait en œuvre le programme de Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique qui vise à former une nouvelle génération de travailleurs aptes à réformer le secteur de l’agroalimentaire africain en vue de constituer le facteur de changement pour une transformation rapide de l’agriculture au cours des dix prochaines années.   Le programme ARIFA facilitera l’entrée régulière de groupes de diplômés et d’entrepreneurs agricoles dans les systèmes d’innovation à travers des plateformes d’innovation et des itinéraires d’apprentissage situés dans et autour des institutions, universités, collèges techniques, communautés rurales et entreprises privées d’Afrique.

La réunion a été précédée d’une visite de terrain qui a permis aux participants de se rendre compte de première main des défis physiques et environnementaux auxquels est actuellement confronté le secteur agricole en République du Cap Vert. La visite de terrait effectuée à l’initiative du Directeur de l’Institut national de recherche pour le développement agricole (INIDA) du Cap Vert a commencé par un passage à la station de recherche Sao Felippe. Les travaux menés à la station portent essentiellement sur la culture hydroponique comme système de production horticole étant donné que le pays connaît de longs épisodes de sécheresse. La mission a également pu se rendre compte de première main des divers mécanismes de lutte contre la chenille légionnaire d’automne et d’adaptation à la sécheresse et au terrain rocailleux qui entrave l’utilisation des machines agricoles.

 

Regarder la vidéo du programme ARIFA sur www.fara.org/arifa

Le programme ARIFA change la donne

Le Forum pour la recherche agricole en Afrique (FARA), a lancé la version brésilienne du programme de Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique (ARIFA), qui permettra de doter les jeunes africains des compétences du 21e siècle, nécessaires à l’innovation. Le lancement du programme ARIFA, en marge du Forum Brésil-Afrique 2019 qui se tient actuellement à Sao Paulo, était présidé par Maître Chukwuemeka Nwajiuba, ministre de l’Éducation du Nigeria. Il a également vu la participation d’autres dignitaires dont l’Ambassadeur du Ghana au Brésil, Pr Abena Busia.

S’exprimant lors du lancement, Dr Yemi Akinbamijo, Directeur exécutif du FARA a souligné l’importance du déploiement de la science en vue de propulser l’agriculture africaine qui est au cœur de l’initiative ARIFA. Il a également indiqué qu’il serait difficile pour l’Afrique d’assurer sa sécurité alimentaire et nutritionnelle sans avoir recours à la science. Il a en outre expliqué la genèse du programme ARIFA qui relève du Programme d’autonomisation globale en vue de l’amélioration des moyens d’existence (HELP), une autre initiative phare du FARA.

Dr Akinbamijo a expliqué que, dans le cadre de HELP, le FARA mettait en œuvre le programme de Bourse de recherche et d’innovation en agriculture pour l’Afrique qui vise à former une nouvelle génération de travailleurs aptes à réformer le secteur de l’agroalimentaire africain en vue de constituer le facteur de changement pour une transformation rapide de l’agriculture au cours des dix prochaines années.   Le programme ARIFA facilitera l’entrée régulière de groupes de diplômés et d’entrepreneurs agricoles dans les systèmes d’innovation à travers des plateformes d’innovation et des itinéraires d’apprentissage situés dans et autour des institutions, universités, collèges techniques, communautés rurales et entreprises privées d’Afrique.

Pr Vladimir Oliveira Di Iorio, Directeur des affaires internationales à l’Université fédérale de Viçosa (UFV), a en parlant de la collaboration sud-sud entre le FARA et l’UVF, indiqué que l’UVF était prête à faire équipe avec le FARA.

« Nous avons de bonnes raisons de fonder de grands espoirs sur ce partenariat…Nous sommes heureux de constater que l’UFV est devenue l’une des plus importantes institutions qui contribuent à l’ARIFA. »

Pour la première promotion de 2020, l’UVF accueillera jusqu’à cent-vingt (120) bousiers de l’ARIFA dans le cadre de formations de courte durée liées à l’agrobusiness brésilien et de programmes de maîtrise de la filière agricole et alimentaire. Le partenariat UFV/FARA dans le cadre du programme de maîtrise accueillera des boursiers de l’ARIFA dans tous les programmes d’études supérieures en agriculture de l’UFV.

Au sujet des objectifs de l’ARIFA, Dr Irene Annor-Frempong, Directrice de la recherche et de l’innovation au FARA, a expliqué que l’ARIFA s’inscrivait dans le programme plus vaste de « l’Afrique que nous voulons ». Selon elle, l’Agenda 2063 englobe un certain nombre de stratégies dont la Stratégie de la science, de la technologie et de l’innovation pour l’Afrique (STISA). L’ARIFA contribuera à la Priorité numéro 1 du cadre du STISA.

 

Dr Abdulrazak Ibrahim, Spécialiste en renforcement des capacités au FARA, qui a animé le lancement, a indiqué que le programme ARIFA avait été conçu en tenant compte de la réflexion sur les systèmes d’innovation en vue de doter les jeunes Africains des compétences du 21e siècle dont le continent a besoin pour relever les défis mondiaux actuels, dont le changement climatique, et tirer parti des possibilités que présente la mise en œuvre de l’Accord de libre-échange continental africain.

Pour en savoir plus sur l’ARIFA, visitez : https://faraafrica.org/arifa/