PLAIDER EN FAVEUR D’INVESTISSEMENTS INTELLIGENTS EN MATIÈRE DE GENRE EN VUE DE LA PROMOTION DE LA SCIENCE, DE LA TECHNOLOGIE ET DE L’INNOVATON DANS LE CADRE DE LA RECHERCHE AGRICOLE POUR LE DÉVELOPPEMENT EN AFRIQUE

#CHOOSETOCHALLENGE (Choisir de relever le défi)

Karen Munoko Nguru

Cette année, la Journée internationale des femmes se tient dans un contexte sans précédent. Le continent, plus précisément le secteur agricole, commence à se remettre lentement de la pandémie de  COVID-19. Cette situation offre une occasion de « reconstruire en mieux ». Toutefois, cela exige également des mesures pratiques immédiates qui permettent de relever les problèmes systémiques qui empêchent une pleine participation des femmes à la recherche agricole pour le développement (RAD).

Les femmes dans la recherche agricole pour le développement en Afrique font face à de nombreux obstacles dont une discrimination systémique dans l’accès à la terre, la charge des travaux non rénumérés et des salaires inférieurs à ceux de leurs homologues masculins[1].  Les femmes sont souvent exclues des postes à responsabilité à tous les niveaux.  Le FARA demande instamment que soient reconnues toutes les femmes leaders de la RAD africaine ainsi que les femmes qui jouent un rôle important dans la transformation du système alimentaire africain.

Les femmes sont responsables de  60 à 80 pour cent[2] de la production alimentaire mondiale. Par conséquent, donner aux femmes la possibilité d’accroître la durabilité des systèmes alimentaires augmentent les chances de réussite d’une telle transformation.  Le FARA reconnaît le rôle joué par les femmes et continue d’exhorter les partenaires régionaux, sous-régionaux, nationaux et mondiaux à accroître les investissements dans des approches intelligentes en matière de genre en vue de faire avancer la science, la technologie et l’innovation dans la RAD africaine. Le FARA plaide également en faveur d’une plus grande égalité des sexes au niveau des politiques et des stratégies à travers la position commune africaine pour le Sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires (2021) et le Projet d’appui aux organisations régionales et sous-régionales africaines pour la recherche et l’innovation agricoles anciennement en charge du pilier IV du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (CAADP-XP4).

Le FARA fait également la promotion de l’égalité entre les sexes dans le cadre du Compact catalyseur pour le Renforcement des capacités et la diffusion des technologies (CDTO) du programme Technologies pour la transformation de l’agriculture en Afrique (TAAT) de l’initiative « Nourrir l’Afrique » de la Banque africaine de développement (BAD).  Il faut notamment adopter une approche holistique en vue de surmonter les défis et favoriser l’émancipation économique des femmes. Bien que les interventions mettent en général l’accent sur l’impact ou les résultats, le FARA plaide en faveur de pratiques qui permettent d’examiner les liens entre l’intervention et le résultat. Ces approches ont été appliquées dans le cadre du CDTO du TAAT.

Le Rapport sur le développement humain en Afrique 2016 indique que les disparités entre les genres coûtent quelque 95 milliards de dollars US par an en moyenne à l’Afrique subsaharienne[3]. Investir dans des approches intelligentes en matière de genre pourrait donc déboucher sur des avantages économiques. En outre, selon l’Institut mondial McKinsey 12 à 28 trillions USD[4] pourraient être injectés dans l’économie mondiale si la parité hommes femmes en matière de résultats économiques est atteinte. Par conséquent, les femmes leaders sont un catalyseur essentiel du changement étant donné qu’elles contribuent à autonomiser d’autres femmes, à sensibiliser et à servir de modèles.

Au moment où le FARA célèbre la Journée internationale des femmes, nous reconnaissons la contribution vitale des femmes à l’économie agricole de l’Afrique. Nous nous réjouissons également à la perspective de réaliser des plans d’action conjoints en vue d’accroître la participation des femmes à la recherche agricole pour le développement. La Journée internationale des femmes de cette année est l’occasion d’exhorter les partenaires à s’élever contre les obstacles systémiques et institutionnels qui empêchent les femmes de participer pleinement à la science et à l’innovation technologique en vue de l’amélioration du système alimentaire du continent.

 

 

[1] “Encadré 1 : Progress towards Gender Equality in Wages, Where Do We Stand?,” Global Gender Gap Report 2020 (blog), accessed March 8, 2021, https://wef.ch/2rPU0C7. (Encadré  1 : Progrès accomplis en matière de rémunération hommes-femmes, où en sommes-nous ? Rapport 2020 du Forum économique mondial sur l’inégalité hommes-femmes,  (blog), consulté le 8 mars 2021,)

[2] “What’s the Truth about the Role of Women in Agriculture Today?,” Water, Land and Ecosystems, February 28, 2018, https://wle.cgiar.org/thrive/big-questions/what-truth-about-role-women-agriculture-today.(Quelle est la vérité sur le rôle des femmes dans l’agriculture aujourd’hui ?, Eau, terres et écosystèmes, 28 février 2018)

[3] C. Leigh Anderson et al., “Economic Benefits of Empowering Women in Agriculture: Assumptions and Evidence,” The Journal of Development Studies 57, no. 2 (February 1, 2021): 193–208, https://doi.org/10.1080/00220388.2020.1769071. (Les avantages économiques de l’autonomisation des femmes dans l’agriculture : hypothèses et preuves, la revue des études du développement)

[4] Anderson et al.

Départ à la retraite du Dr Irene Annor-Frempong (Directrice de la recherche et de l’innovation)

La Directrice de la recherche et de l’innovation, Dr Irene Annor-Frempong a atteint l’âge obligatoire de la retraite (62 ans) le 7 juin 2020. Elle a atteint ce jalon au terme de 12 ans de services dévoués au FARA où elle a occupé différents postes : elle a commencé comme consultante et a ensuite rejoint le FARA comme administratrice de programme puis a assumé le rôle de Directrice pour le renforcement des capacités avant de devenir Directrice de la recherche et de l’innovation. Dr Annor-Frempong a au fil des années contribué d’une manière remarquable à promouvoir les activités du FARA et à asseoir la réputation de l’organisation.

Conformément à la politique en matière de ressources humaines du FARA, Dr Annor-Frempong a cessé de faire partie du personnel permanent le 30 juin 2020. Elle occupera le poste de conseillère (en tant que consultante) pour le reste de l’année.

À l’issue de nombreuses discussions, le Conseil d’administration a approuvé la nomination du Directeur de l’engagement des parties prenantes et de la communication (DSEC), Dr Aggrey Agumya au poste de Directeur par intérim de la recherche et de l’innovation. Il a pris ses fonctions le 1 septembre 2020.

Dr Aggrey Agumya (Directeur par intérim de la recherche et de l’innovation)

Dr Agumya a travaillé en étroite collaboration avec Dr Annor-Frempong quand elle a été nommée Directrice de la recherche et de l’innovation et auparavant lorsqu’elle était Directrice du renforcement des capacités. Les deux directions sont très étroitement liées et Dr Agumya connaît très bien le portefeuille de projets gérés par la Directrice de la recherche et de l’innovation. Il connait également parfaitement l’actuel modèle de mise en œuvre du FARA et le nouveau qu’il va adopter. Dr Agumya a plus de 20 ans d’expérience pratique en recherche et en gestion de la recherche acquise au Centre mondial d’agroforesterie (6 ans) et au FARA (14 ans).  Il a rejoint le FARA en 2006 comme administrateur du Programme Challenge pour l’Afrique subsaharienne (SSA CP) qui, à l’époque était le plus important programme du FARA. À ce poste, il a grandement contribué à faire avancer le SSA CP de sa phase de lancement à sa mise en œuvre intégrale. Il a dans ce cadre rassemblé dix équipes de recherche multidisciplinaires de l’ensemble du continent et collaboré avec elles à la définition d’une démarche méthodologique convaincante pour ce qui était essentiellement une expérience à grande échelle de l’innovation institutionnelle sans précédent dans le domaine de la recherche agricole.

Après deux ans passés avec le SSA CP, Dr Agumya a postulé et obtenu un poste en interne encore plus important de Conseiller technique auprès du Directeur exécutif. Il a occupé ce poste pendant 7,5 ans, de 2008 à fin 2015. Il servait alors d’intermédiaire entre le programme et la direction exécutive. Il a dirigé l’équipe qui a élaboré la stratégie et le plan opérationnel 2014-2018 du FARA et les a défendus devant l’Assemblée générale de 2013. Il a en collaboration avec Dr Annor-Frempong coordonné l’élaboration de l’Agenda scientifique pour l’agriculture en Afrique. Lorsque le Secrétariat a été restructuré en fin 2015, Dr Agumya a été nommé Directeur des partenariats et de la communication et pris ses fonctions le 1 janvier 2016. Cette Direction est par la suite devenue la « Direction de l’engagement des parties prenantes et de la communication ». Dr Agumya comprend bien le fonctionnement de la Direction de la recherche et de l’innovation, entretient de bonnes relations avec l’équipe de cette Direction et les partenaires du FARA et jouit de leur respect. Il a une excellente mémoire institutionnelle.

Nous profitons de cette occasion pour remercier la Directrice de la recherche et de l’innovation sortante pour son abnégation et son dévouement sans borne à la cause du FARA. Le FARA a énormément bénéficié de sa contribution inégalée à ses activités.  Ses nombreuses réalisations continueront à se perpétuer et seront au cœur de changements profonds dans l’agriculture africaine bien après sa retraite. Nous lui souhaitons plein succès pour l’avenir.

Nous espérons poursuivre une collaboration fructueuse avec le nouveau Directeur de la recherche et de l’innovation par intérim et nous demandons à l’ensemble du personnel et aux parties prenantes de lui apporter tout leur soutien.

Encore une fois, félicitations, Dr Aggrey Agumya.

 

Le travail à l’heure de la pandémie de COVID-19 : l’impact sur les employeurs/les employés et la productivité

Introduction

La pandémie de COVID-19 a compromis la réalisation des activités des organisations et changé la dynamique de la gestion des entreprises en notre époque. Plusieurs institutions sont confrontées à des défis qui compromettent leur suivie. Des usines et des entreprises qui contribuent au PIB des différents pays ont dû fermer pendant un certain temps créant un déficit financier.  Le caractère mondial de la pandémie représente un énorme défi pour les organisations. Le fonctionnement des organisations de la RAD ainsi que des agences financées par les partenaires au développement a été affecté étant donné que les fonds destinés à ces organisations devraient accuser du retard ou être suspendus.  Les organisations sont maintenant contraintes de changer leur mode de fonctionnement et de modifier les effectifs en vue d’améliorer la productivité. Certaines ont dû procéder à une compression du personnel, adopter une combinaison du travail en entreprise et du télétravail, etc. ce qui a entraîné un impact physique, social et psychologique néfaste.

Défis pour la gestion des ressources humaines

La gestion des ressources humaines a été difficile en cette période de COVID-19.  Plusieurs organisations ont pris des mesures pour s’adapter à la nouvelle donne. Le Secrétariat du FARA, à l’instar de nombreuses autres organisations, a établi des gestes barrières et des mesures de distanciation. Certaines organisations ont eu recours au travail à domicile en vue de prévenir la contamination croisée.  Cela représente une expérience nouvelle pour nombre d’entre elles qui ont dû composer avec l’anxiété des employés et des dépenses imprévues. Étant donné que la survie des organisations dépend de leur rentabilité, plusieurs d’entre elles sont passées du travail à domicile à une combinaison de travail à domicile et de travail en entreprise devant la propagation de la COVID-19 dans divers pays. Dans le cadre de la combinaison du travail à domicile et du travail en entreprise, il est difficile de rencontrer tous les membres de l’équipe. Cette stratégie a donc été combinée avec des interactions virtuelles pour permettre une rencontre avec les membres d’une équipe qui sont présents au bureau à des moments différents.

Pour la plupart des organisations, une connexion Internet instable et le coût de l’Internet à large bande représentent une gageure.  Certaines organisations ont dû effectuer un retour en entreprise des salariés en vue de réaliser des tâches requérant une présence physique. Il incombe au département des ressources humaines de collaborer avec les chefs de département en vue d’assurer une bonne exécution des tâches et de planifier les congés de façon à ne pas affecter les objectifs fixés.   Le département doit également examiner les plaintes du personnel liées à l’accès aux informations, aux dossiers, aux systèmes, à l’Internet ainsi qu’à leur bien-être.

Les employés qui n’ont pas été en mesure d’avoir des contacts directs avec leurs familles (notamment le personnel expatrié) sont davantage rongés par l’inquiétude car bien qu’ils puissent communiquer par téléphone et d’autres médias sociaux, le contact physique est absent en ce moment où un certain nombre d’entre eux prennent leurs congés. Une enquête menée par le FARA auprès du personnel a montré que le télétravail s’accompagnait de responsabilités familiales supplémentaires dont la gestion de la maison et des enfants, un bureau à domicile où travailler en tout confort et une ambiance propice à la concentration. Il est impossible de séparer la vie professionnelle de la vie familiale et de la vie privée notamment en raison de la fermeture des écoles et des établissements de garde d’enfants.  Les parents sont appelés à jouer le rôle d’enseignants à domicile tout en s’acquittant de leurs fonctions officielles.

Certains employés doivent improviser pour s’acquitter de leurs tâches car ils doivent réserver un espace à leurs enfants pour leur permettre d’effectuer les activités scolaires et suivre des cours en ligne en compagnie de leurs camarades de classe. Les parents se soucient que leurs enfants entretiennent des relations sociales en vue de satisfaire leurs besoins de développement.

Il faut également se pencher sur l’impact psychologique de la pandémie sur ceux qui vivent seuls. Ces personnes peuvent souffrir d’isolement. Travailler à domicile pendant des heures sans les autres membres de l’équipe et les proches avec qui communiquer engendre du stress. Les organisations prévoient des pauses-santé et des plateformes sociales pour permettre au personnel de se débarrasser de son stress.  Ceux qui vivent seuls peuvent être collés à leurs ordinateurs toute la journée et rater les séances qui sont supposées faire partie des activités courantes permettant aux employés de travailler efficacement. On ne saurait trop insister sur les effets néfastes pour la santé. Cela a également un effet à long terme sur la productivité, les dépenses de personnel et le résultat final.

Possibilités qu’offre la COVID-19 à la gestion des ressources humaines

La situation n’est pas aussi négative qu’il pourrait sembler puisque qu’elle offre la possibilité aux organisations de repenser leur fonctionnement et de rechercher des moyens de garantir l’exécution de leur mandat. Le département des ressources humaines peut organiser des formations en ligne qui pourraient être dispensées de façon économique étant donné que les formateurs proposent maintenant des programmes qui en temps normal se déroulent à l’étranger. En fonction des stratégies de recrutement utilisées, le département peut recruter de manière virtuelle et épargner les frais afférents au transport des membres du jury d’entretien. Il est également possible de développer une culture et des valeurs nouvelles.  Le département des ressources humaines doit rechercher et introduire de nouvelles manières d’établir de nouvelles relations sociales telles que des « happy hours », des pause-santé, des pause-café et des forums en ligne conformément aux pratiques de socialisation. Ces pratiques pourraient donner satisfaction aux employés ou créer de l’insatisfaction chez eux, étant donné que cela pourrait leur rappeler les interactions sociales connues. Toutefois, elles ne peuvent être ignorées.

 Gestion des ressources humaines

Pour guider le personnel dans le cadre du télétravail, il incombe aux responsables des ressources humaines d’élaborer des directives, des politiques et des procédures en vue d’éviter une contamination croisée, de limiter les contacts humains, promouvoir le respect des protocoles sanitaires et renforcer la culture organisationnelle.  En fonction de la durée de cette pandémie, le département des ressources humaines devra revoir comment trouver les talents appropriés. Un élément important à prendre en considération lors du recrutement est l’habilité du candidat à travailler en équipe et à nouer de bonnes relations avec ses collègues. Toutefois cette qualité s’effrite en raison de la pandémie ce qui pourrait nuire à la productivité et au bien-être des employés. Les discussions régulières avec les employés permettront de rassembler des informations sur leurs attentes.  Pour aider le personnel à gérer le temps ainsi que les attentes des familles, le département des ressources humaines doit organiser des forums pour examiner comment certains ont réussi à gérer la situation et mettre en place des systèmes pour suivre l’exécution des activités.

Le département des ressources humaines devra fournir aux employés des ressources cognitives et émotives et leur donner des conseils qui leur permettront de renforcer leur responsabilité individuelle, leur productivité ainsi que d’améliorer leur bien-être tout en réduisant le sentiment d’isolement, de solitude et d’exclusion. Organiser des réunions d’équipe régulières en ligne pour renforcer les interactions contribuera grandement à établir une parfaite ambiance de travail.

Conclusion

L’on ne sait pas encore quels seront les effets à long terme de la COVID-19. Toutefois, rien ne porte à croire que son impact sur la vie associative sera de courte durée. La pandémie aura des effets non seulement sur la productivité et la survie des organisations mais pourrait également provoquer des crises sanitaires futures et des troubles psychologiques. Le département des ressources humaines et la direction devront mettre en place des plans qui permettent d’analyser la nouvelle réalité et offrent de nouvelles possibilités de gérer les ressources humaines et le fonctionnement des entreprises.  Les discussions sur les répercussions de la COVID-19 sur les entreprises, le bien-être et la productivité des employés et les systèmes requis pour demeurer pertinent doivent être entamées si ce n’est pas déjà fait.  Il faut également établir un plan d’action pour réaliser les objectifs fixés.

Le projet CAADP XP4 : Rassembler les institions de recherche agricole africaines pour atteindre les objectifs de la Déclaration de Malabo sur le PDDAA

Le projet d’appui aux organisations régionales et sous-régionales africaines pour la recherche et l’innovation agricoles anciennement en charge du pilier IV du Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (PDDAA), connu sous le nom de CAADP XP4, est financé par l’Union européenne (UE) dans le cadre de l’Initiative DeSIRA (Développement et innovation intelligente grâce à la recherche dans le domaine de l’agriculture) et géré par le FIDA.

Buts et objectifs du projet

Le projet qui regroupe les principales organisations continentales et sous-régionales (AFAAS, ASARECA, CCARDESA, CORAF et FARA), se propose de contribuer à la réalisation de l’Agenda 2063 et des objectifs du PDDAA en rapport avec le climat fixés dans la Déclaration de Malabo de 2014 sur la croissance et la transformation accélérées de l’agriculture africaine pour une postérité partagée et de meilleures conditions de vie.

L’objectif est permettre à la recherche et à l’innovation agricoles y compris aux services de vulgarisation  de contribuer efficacement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au développement économique et à  l’atténuation des changements climatiques en Afrique.  Cet objectif pourra être atteint en renforçant les capacités, l’efficacité et le positionnement des organisations régionales et sous-régionales de recherche et de vulgarisation agricoles ainsi que des systèmes nationaux de recherche agricole et en encourageant la collaboration et le partage des savoirs entre les organisations et les institutions européennes concernées.

Produits et résultats du projet

Les cinq produits attendus du projet sont les suivants  : 1. Renforcement des capacités des organisations régionales et sous-régionales de recherche agricole africaines pour leur permettre de s’acquitter de leurs mandats individuels et de mieux travailler ensemble; 2. Partenariats multipartites pour l’innovation mis en place et fonctionnels; 3. Politiques nationales, dispositions  institutionnelles au niveau régional et accès au marché renforcés ; 4. Gestion des connaissances et communication pour l’appui à la décision, partage des innovations et plaidoyer lié à une transformation agricole qui influe sur le climat ; et 5. Planification efficace, suivi, évaluation, apprentissage (MEL) et établissement de rapports.

Les deux principaux résultats escomptés sont les suivants : 1. Amélioration des capacités des pays à établir des priorités, à planifier et à utiliser des technologies et des innovations liées au climat, à encourager et à mobiliser des investissements dans la recherche et l’innovation agricoles, à élaborer et à mettre en œuvre des politiques ; et 2. Une collaboration renforcée entre les institutions en vue d’améliorer la cohérence de l’action, promouvoir une vision et un programme communs et renforcer la représentation de l’Afrique dans les plateformes mondiales de recherche et d’innovation.

Le CORAF ajuste ses priorités pour faire face à la COVID-19

En réponse à un appel récent de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et des ministres de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Afrique de l’Ouest, le CORAF apporte des modifications considérables à ses priorités programmatiques pour soutenir les petits exploitants agricoles, les entreprises semencières et les coopératives de semences qui sont de plus en plus touchés par la COVID-19.

Les agriculteurs vulnérables, les entreprises et les décideurs sont au cœur de l’initiative COVID-19 du CORAF pour le soutien d’urgence aux semences. Avec l’aide des systèmes semenciers nationaux des pays membres de la CEDEAO, l’intervention du CORAF sera mise en œuvre par le biais d’un système d’information, de conseil et d’alerte en ligne. Ce système numérique permettra de recueillir, de traiter et de diffuser des informations essentielles et actualisées sur la disponibilité des semences de première génération (prébase et base) et des semences certifiées dans chaque pays, les points d’accès, la qualité et traçabilité et les informations relatives au marché (l’offre globale, la demande potentielle, les prix de cession etc.).

Les différents pays ont adopté des mesures strictes dans le but de contenir le Coronavirus. Ces mesures vont du confinement partiel ou total des populations, à la limitation de la mobilité des personnes, en passant par la fermeture des frontières, des marchés urbains, périurbains et ruraux ; ce qui perturbe la chaîne d’approvisionnement des denrées alimentaires et des intrants agricoles.

« Si ces mesures ont eu des effets positifs sur le ralentissement de la propagation de COVID-19, les conséquences imprévues pourraient être une augmentation des prix des produits de base, un accès insuffisant à la nourriture pour les personnes vulnérables, une baisse drastique de la commercialisation des produits périssables, des coûts de transport plus élevés, un accès difficile aux semences, aux engrais, aux produits phytosanitaires, ainsi qu’une raréfaction et un coût élevé de la main-d’œuvre agricole », a déclaré Son Excellence Sékou Sangaré, Commissaire de la CEDEAO chargé de l’Agriculture, de l’Environnement et des Ressources en Eau.

Endiguer la crise de la faim qui se profile à l’horizon

Le CORAF a mis au point cette mesure d’urgence, qui garantit principalement la disponibilité des semences de prébase, des semences de base et des semences certifiées. Le système contiendra des informations sur la quantité disponible, où elle se trouve, avec quelles entreprises ou coopératives et les défis à relever pour les amener sur le marché ou là où il y a une demande. L’objectif principal est d’endiguer la crise de la faim qui se profile à l’horizon.

Plus de 15 millions de personnes sont déjà touchées par la situation alimentaire difficile, selon le Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), une initiative du Club du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest. Même avant la COVID-19, le système alimentaire en Afrique de l’Ouest était déjà dans une situation on ne peut plus précaire avec une crise sécuritaire au Sahel, les attaques de la chenille légionnaire d’automne et la menace des attaques de criquets déjà présents dans la bande orientale du continent. Ce chiffre pourrait, dans un contexte sans COVID-19, dépasser les 17 millions de personnes au cours de la période allant de juin à août 2020, selon les données du RPCA.

Le RPCA regroupe les principaux acteurs du système alimentaire et nutritionnel ouest-africain. Il suit la situation alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest et au Sahel, ainsi qu’au Cameroun, et publie des informations essentielles pour la prise de décision et l’action des décideurs politiques et des responsables de la mise en œuvre des programmes, ainsi que du secteur privé.

Que contient l’intervention du CORAF ?

L’intervention du CORAF vise à mettre efficacement en place un système d’information et de veille sur la disponibilité des semences en relation avec la demande. Ceci permet de faciliter la mise en relation des producteurs de semences de qualité avec les agriculteurs désireux d’obtenir de telles semences.

Ce système permettra non seulement d’améliorer l’accès des agriculteurs à des semences et au matériel de plantation de meilleure qualité, mais aussi de les aider à mieux comprendre l’impact de la crise de la COVID-19 sur les vies et les moyens de subsistance.

Dans un premier temps, les informations porteront sur des céréales telles que le maïs, le riz, le sorgho, le mil, le niébé et l’arachide, avant d’être étendues aux racines et aux tubercules comme le manioc, l’igname et les pommes de terre.

L’initiative d’urgence de soutien aux semences et autre matériel végétal pour la plantation couvrira les 15 pays de la CEDEAO, plus le Tchad et la Mauritanie. Elle s’alignera et complétera les outils d’information conçus pour l’observatoire sur les engrais pour l’Afrique de l’Ouest, développés par le Centre international pour le développement des engrais (IFDC).

Cette réponse du CORAF à la pandémie de COVID-19 vise également à garantir qu’il n’y ait pas de restrictions non essentielles sur l’importation/exportation, la distribution et l’utilisation de semences de qualité par les agriculteurs, les producteurs et les autres utilisateurs. Cela permettra de renforcer la résilience du système agricole de la sous-région et de prévenir une crise alimentaire.

« Sous couvert de la pandémie de COVID-19, les semences de première génération et les semences certifiées ne devraient pas être interdites aux mouvements transfrontaliers ou soumises à des restrictions commerciales non justifiées au niveau régional » précise le Dr Yacouba Diallo, un expert en semences ayant des dizaines d’années d’expérience dans le secteur des semences en Afrique de l’Ouest.

L’IFDC fournit déjà aux agriculteurs, aux producteurs, aux décideurs politiques et à d’autres acteurs clés des informations essentielles sur la disponibilité et la fluidité du mouvement des engrais au niveau communautaire. Le CORAF a l’intention de travailler en étroite collaboration avec d’autres acteurs pour assurer la fourniture de paquet intégré d’information sur les intrants.

Le programme de Partenariat pour la recherche agricole, l’éducation et le développement , mis en œuvre par le CORAF et financé par l’USAID Afrique de l’Ouest, sera responsable de la collecte, du traitement et de la diffusion de ces informations actualisées aux agriculteurs, aux entreprises semencières, aux agents étatiques et autres partenaires clés.

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